Burkina Faso : Sur quel rythme danse les hommes intègres ?
Monday, Mar 12, 2018
Burkina Faso : Sur quel rythme danse les hommes intègres ?

La genèse de la musique burkinabè puise ses sources dans les profondes résonances des premiers instruments pensés. Des tambours d’aisselle aux petits tam-tams (Bendré ou Mooré), la construction d’un instrumental en quête de variété a donné naissance au sifflet taillé dans le bois de Lobi. La clarinette de Bisa, instrument à vent, est plus tard venue enrichir les notes qui enflent désormais la symphonie musicale du Peuple intègre.
La période d’avant les indépendances connaît plusieurs influences, qui ont eu un impact significatif sur la structure musicale de la société burkinabè à cette époque, influence désignée par l’importation des rythmes et ses variétés de style plus dansants. Le souci de se démarquer les uns par rapport aux autres, aboutissait à l’adoption des rythmes venus d’ailleurs. Ainsi, la rumba congolaise, les classiques latino-américains et le blues français ont fait l’objet de multiples interprétations par des mélomanes burkinabè. C’est dans cette mêlée que des groupes musicaux ont commencé à émerger ; on peut d’ailleurs citer comme pionniers : L’harmonie voltaïque, le Tenko jazz, le Super Volta et bien d’autres. Certains virtuoses de l’art musical Burkinabè à l’instar de Abdoulaye Bassavé, Joseph Salambéré, Jean Claude Bamogo, Seydou Richard Traoré, Georges Ouédraogo encore surnommé : Le « gandaogo national », embrassent un certain succès qui leurs confère une reconnaissance parfois internationale. Ils continuent d'inspirer beaucoup de jeunes musiciens de l’heure actuelle, qui surfent sur leurs pas quoi que soit le temps déjà écoulé et la distance générationnelle.
A l’ère de la mondialisation, par le besoin d’exister sur la scène internationale, beaucoup de jeunes compositeurs Burkinabè se sont donné pour mission de conquérir le public au-delà de leurs frontières, en dépit de ce que, la musique burkinabè dans son essence propre ne s’exporte que très difficilement.
Des artistes comme Dicko fils, dans un style assez original et plus moderne, décident de valoriser les instruments de musique traditionnelle comme le violon peulh. Le ngoni du chasseur, les balafons guinéens et les tambours Bobos prennent le pas dans des compositions musicales d'autres artistes de valeur. Le groupe Yeleen qui a fait la fierté autrefois du Faso et contribué pendant une décennie à l’élévation du rap africain, s’étant disloqué et malgré les horizons différents empruntés par chacun de ses membres, le plus en vue, Smarty, a obtenu en 2013 le « prix Découvertes RFI » et s’est lancé dans une carrière solo avec « Afrikan Kouleurs » la même année. Dans un style déterminé et engagé, le rappeur continue de faire rêver une bonne partie de la jeunesse burkinabè et Africaine. La vague Coupé Décalé a vu émerger As DJ et d'autres qui ont tenté de surfer sur la vague.
Nombre d’actions de grâce rendues à l’art musical, par le biais de tous ces festivals de musique organisés chaque année au Burkina Faso, outre de nous offrir un aperçu de l’immense talent artistique développé, bous renseigne sur la musicalité de cette nation.

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