La Côte d'Ivoire et la musique
Monday, Mar 12, 2018
La Côte d'Ivoire et la musique

Si l’on peut affirmer sans risque de se tromper que, les œuvres orales dans une société, ont aussi pour fonction première de servir d’unité de mesure du degré de libéralisation de la parole dans cette société, alors l’on comprend aisément cette manie ivoirienne qui est celle de ne s’exprimer véritablement que par les sons et les chansons. Il est important de souligner, que l’œuvre musicale en Côte d’Ivoire a toujours opposé un conflit de valeur aux considérations folkloriques, servant son espace à l’engagement social des acteurs de cet art.
Si pour les plus de 70 ethnies ivoiriennes l’on dénote pour chacune, des particularités culturelles en ce qui concerne les chants et les danses traditionnels, aussi l’on peut faire le constat selon lequel, ce traditionalisme cohabite avec l’exubérance du style musicale urbain, spécifiquement caractérisé, par ses choix thématiques de plus en plus proche de l’actualité et des faits divers du pays. La pratique musicale ivoirienne, serait donc, contrairement et comparément aux styles musicaux des pays voisins d’Afrique de l’Ouest, très détachée du conformisme et plus libérale. La créativité artistique au sein de la jeunesse ivoirienne, ayant fait se succéder les concepts musicaux, du Zoulou au Coupé Décalé, transformant la scène musicale de la Côte d'Ivoire, en une véritable mosaïque au travers de laquelle l’on peut apprécier le caractère populiste et tapageur qui la spécifie.
Du style Reggae, porté par des artistes tels qu’Alpha Blondy, au « Coupé Décalé » de Doug Saga, passant par le « Zouglou » des Magic System, les rythmes musicaux ivoiriens exclusivement composés dans un style véhément et accompagnés de chorégraphies de danses toutes aussi impétueuses, donnent aux quartiers d’Abidjan et du reste de la Côte d’Ivoire leurs réputations de quartiers chauds. Des « Maquis » de Youpougon aux grandes Boites de nuit de Cocody, la musique en Côte d’ivoire plonge le pays tout entier dans un quotidien ambiant. Aussi présente dans les mœurs que du soleil dans les cieux, la musique fait du « pays des Eléphants » le pays qui durant ces deux dernières décennies aura fait danser le continent en général et particulièrement ses unités francophones.
De la salle des fêtes d'Anoumabo au Zénith de Paris, la musique ivoirienne efface toute frontière pour résonner dans les lieux et évènements culturels du monde les plus mythiques. Au travers d’une jeunesse très créative et toujours plus dynamique elle s’exporte de plus en plus et bientôt se fait citer parmi les sonorités planétaires. Si aujourd’hui, des voix comme celles de Josey, Molare, DJ Arafat, Asalfo, Serge Beynaud et bien d’autres, mettent en liesse une jeunesse toujours plus réclamante, il faut en conclure que la musique ivoirienne par son talent et sa modernité s’achète une place à la bourse des valeurs des musiques du monde.
Par le biais de son originalité, l’on ne peut désormais parler de la Côte d’Ivoire sans évoquer sa sphère musicale et artistique. Comme le disent si bien les ivoiriens : « C’est ça qui est la vérité » !

LEAVE YOUR COMMENTS

Post comment as a guest